Dans les turbulences de Béacras – Épisode 3 : S’accrocher, même quand tout semble partir en vrille

episode 1

🧩 Il y a des périodes de vie où l’on a l’impression d’être devant un puzzle géant… sans modèle, ni mode d’emploi.


Et surtout, un puzzle où aucune pièce ne semble coller à une autre. On en attrape une, on essaie de la placer, on la repose. On en prend une autre, on tente. Encore raté. On tourne, on retourne, on râle un peu, on soupire beaucoup, on se dit qu’à force, ça va bien finir par rentrer quelque part.

😩 Alors oui, même derrière l’air agacé, les cernes, les puffs du matin, les puffs du soir, et les puffs dans la cuisine, on essaie de garder le sourire, de garder la tête hors de l’eau, et surtout, de continuer à avancer. Parce qu’on n’a toujours pas le choix.

Parce qu’on se dit qu’un jour ou l’autre, ce puzzle-là, aussi tordu soit-il, finira par prendre forme. On le terminera. Et là, ce sera la victoire.

Et peut-être que cette pièce qu’on croyait perdue, celle qui nous bloquait depuis des jours, était juste tombée, bien planquée… sous la boîte.

Les cartons du cœur

🍲 Ces derniers mois, j’ai dû faire ce que je n’aurais jamais pensé faire si tôt : commencer à emballer Be’acras.
Pas dans le cœur, non. Là, il bat toujours fort. Mais dans la réalité matérielle, oui.

J’ai acheté plus de 40 boîtes en plastique, des cartons, du scotch, des étiquettes… J’ai mis mon matériel sous silence, rangé mes rêves dans des contenants transparents ou en carton.

Pas pour les abandonner. Mais pour les protéger. Parce que je ne sais pas encore ce que je pourrai sauver.

Chaque jour, l’humidité insidieuse du local ronge, abîme, dévore doucement ce que j’ai mis des années à construire.

Certains matériels, entamés par la moisissure, ont dû être jetés, et avec eux, un petit bout de mon histoire.
C’est un crève-cœur silencieux, un de plus, dans ce combat que je mène chaque jour pour ne pas tout perdre.

Cuisiner avec trois allumettes

🌱 En parallèle de tout ça, il fallait continuer à faire vivre mon petit point de vente, à proposer quelque chose aux clients qui, eux, n’ont jamais cessé d’être là.

Je ne peux plus utiliser le local Be’acras, alors j’ai dû repenser entièrement ma carte, adapter mes recettes pour qu’elles soient réalisables dans mes chalets, avec le strict minimum.

Créer avec des contraintes, c’est mon quotidien.
Mais là, le niveau est monté d’un cran.

Le mot qui fait trembler

Et pendant que je jonglais entre cartons, prestations et adaptation de recettes… il y avait cette question lourde, constante, pesante :

Faut-il que je mette l’entreprise en redressement judiciaire ?
Pour geler les créances. Pour respirer. Pour survivre.

Pour mettre à l’arrêt — et peut-être anéantir — ces maux invisibles, qui, à force d’anxiété, m’ont conduite à passer mon réveillon de la Saint-Sylvestre… aux urgences.

Même si je m’efforce de rester dans une pensée purement positive, que je médite, que je tente le lâcher-prise, que je répète mes mantras, il suffit parfois d’une odeur, d’un courrier, d’une phrase ou même d’une pensée, pour balayer tout le travail accompli.

Pour fissurer l’atmosphère, la plomber d’un coup sec. Et là, c’est le corps qui trinque.
Mon estomac en témoigne encore.

C’est une décision qui fait mal, pas pour l’ego, non.
Mais parce que j’ai tant mis d’amour, d’énergie et de foi dans Be’acras, que l’idée de demander une pause forcée a déjà le goût amer d’une défaite.

Et pourtant… peut-être que c’est juste une manière de se donner le droit de souffler, de reprendre des forces pour mieux repartir.

La braise sous les cendres

😩 La vérité, c’est que c’est dur. Très dur.
Il y a des matins où je me lève et où j’ai envie de lâcher, de dire “stop”, de ne plus me battre.

Puis je respire. Et comme par réflexe, je cherche un signe, une petite lumière, un mot, une pensée, quelque chose qui me rappelle pourquoi je dois continuer.

Parce que personne ne peut imaginer la douleur invisible de ceux qui portent tout, seuls, tout le temps.
Ce mal-être diffus, profond, qui s’installe quand les galères se succèdent sans te laisser le temps de souffler.

Parfois, ce n’est même pas un gros coup dur qui te plombe. Non. C’est une petite chose de rien du tout, qui vient s’ajouter au reste : une voiture qui tombe en panne, un gâteau qui brûle, un client qu’on doit refuser, un oubli, un contretemps.

Et ces petites choses, qu’on surmonterait normalement les doigts dans le nez, deviennent alors des montagnes infranchissables.

Parce que ton énergie est déjà épuisée, parce que tu vis sur le fil, parce que tu es vidée, mais que tu n’as pas le luxe de t’arrêter.

La flamme tenace

Et pourtant, je continue.

Je continue parce que je sais que ce que je fais a du sens.
Parce que même si je dois cuisiner à l’arrache, même si je dois modifier mes recettes pour qu’elles soient faisables dans mes chalets, je continue à nourrir, à transmettre, à créer.

Je continue parce qu’Orly est encore debout, et que je refuse de le perdre à cause d’un choix de local qui n’a pas tourné comme prévu.

Je continue parce qu’il y a encore des gens qui croient en moi, même quand moi, j’ai du mal à y croire.
Je continue parce que Be’acras, ce n’est pas qu’un nom, c’est une idée, une vibration, une envie de faire du bien avec des saveurs.

À suivre…

Et tant qu’il me reste une étincelle, je refuse de m’éteindre.

Je suis fatiguée, oui. Parfois brisée. Mais pas cassée.
Tel le bambou, je me plie, mais je ne romps pas.
Telle une châtaigne, je tombe, mais je repousse.

Alors j’écris, je partage, je range, je cuisine, je cherche, je me relève.
Parce que je n’ai pas fini de croire.
Parce que je n’ai pas fini de nourrir.
Parce que je n’ai pas fini de rêver.

Et puis… l’histoire continue.
Car tant qu’il y a une flamme, il y aura un prochain épisode.
Peut-être plus fragile, peut-être plus lumineux. Mais toujours vrai.
❤️ Alors, si le cœur vous en dit, partagez cette aventure, abonnez-vous, et restez sur le vol.
Parce que Be’acras n’a pas dit son dernier mot.

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Publié par : Béatrice

Je suis Béatrice Guiteaud, passionnée de cuisine et entrepreneure. À travers ce blog, je partage mes recettes, mes pensées et mon parcours inspirant, mêlant défis personnels et professionnels. Bienvenue dans mon univers où chaque plat raconte une histoire, la mienne.