L’absence d’activité chez Be’Acras commence à peser lourd, un peu comme une pâte qui refuse de lever malgré tous les efforts. On y croit, on ajuste, on réajuste, mais la patience, elle, commence à retomber comme un soufflé.
C’est une attente interminable, un peu comme si j’avais lancé un soufflé… mais que le four refusait de chauffer correctement.
Et moi, je suis là, devant la porte du four, en apnée, à surveiller sa montée… en espérant qu’il ne retombe pas avant d’être prêt.
Le problème ?
Les sept premières minutes, tout va bien.
La pâte gonfle, on y croit, on se dit : “Allez, ça va le faire !”
Et puis BAM ! Les deux dernières minutes durent une éternité.
La moindre vibration et tout peut s’effondrer.
L’image de ce que je vis actuellement !
Je suis en plein dedans.
Je suis en plein dans ce moment où il faut croiser les doigts, éviter les secousses, et prier pour que ça tienne.
Tout faire soi-même… sinon c’est pas drôle
Ah oui, parce que je n’ai pas précisé qu’ici, je ne suis pas seulement la cheffe, je suis aussi la commis, la plongeuse, la serveuse, la gestionnaire des stocks, la commerciale, la responsable administrative et j’en passe.
En mode robot multifonction, je suis multitâche.
Je dégrossis ma compta comme on écume un bouillon trop chargé.
Je saisis les factures, j’établis les devis, je démarche comme on va chercher des épices rares.
Je cherche des marchés, je négocie les prix, et je gère les imprévus comme un service en plein coup de feu.
Et puis, je fais les menus.
Et ça, c’est un vrai casse-tête.
Parce que, bien que ce soit mon concept, je ne peux pas juste balancer des idées au hasard.
J’essaie d’exploiter au maximum les produits de saison (quand il ne s’agit pas de produits exotiques).
Je cherche des recettes peu coûteuses, à la fois dans leur élaboration et leur prix de vente, tout en garantissant une qualité irréprochable. En clair, je compte, je calcule, je compare, je compte et je recalcule.
Et franchement, ce n’est pas une mince affaire.
C’est un vrai travail de titan mais je suis pour l’amour des choses bien faites.
Et encore, j’ai réduit la gamme de produits (toujours par manque de moyens, bien sûr), mais ça n’allège pas pour autant ma charge de travail.
Il faut toujours jongler, organiser, cuisiner et tout gérer seule… comme un chef d’orchestre qui n’aurait ni musiciens ni pupitre, juste un fouet et une passoire.
Service, logistique et manutention inclus !
Ah oui, parce qu’en plus, je suis aussi mon propre livreur.
Pas de service logistique, pas de commis, juste moi et mon dos bien sollicité.
Je charge la voiture.
Je décharge la voiture.
Je soulève, je porte, je transporte.
Et après tout ça, je cuisine.
Parce qu’évidemment, les produits ne vont pas s’éplucher, se mariner, s’assaisonner, mijoter et se dresser tout seuls.
Mes mains sont occupées, ma créativité est alerte,
Mais pendant que je cuisine, je suis dans mes pensées.
Je souris.
Mais ce sourire n’est pas innocent. Il est plein de sous-entendus.
Parce que dans ma tête, certaines phrases résonnent encore :
« T’es toujours en retard. »
« Tu décroches jamais ton téléphone. »
« T’es jamais disponible. »
« Bonjour madame la cheffe d’entreprise. »
Et là, mon sourire s’élargit.
Puis, je ponctue ce sourire d’un “Mince…” et d’un “pfffff”.
Et si, tout simplement, je n’avais pas envie de parler ?
Si, quand j’ai enfin un moment de repos, je n’avais plus envie d’être disponible ?
L’épreuve du regard des autres
Le plus drôle dans l’histoire ?
Ceux-là ne voient que le sommet, mais pas l’ascension.
Ils ne voient pas les nuits blanches, les doutes, les sacrifices, les plans B, C, D… jusqu’à la fin de l’alphabet !
Ils croient connaître la recette et en parlent comme s’ils l’avaient inventée.
Soutien et bienveillance de mes dix
Heureusement, il y a mes dix.
Comme les deux doigts des deux mains, et Dieu seul sait comme mes mains me sont importantes, ce sont mes dix personnes :
Famille et amis, ceux qui sont toujours là, qui me soutiennent, qui comprennent,
qui ne me jugent pas, mais qui, chacun à leur manière, apportent leur pierre à l’édifice que je tente d’ériger,
et m’apportent toutes leurs énergies positives et leurs bonnes vibrations en tout temps.
Ceux qui veillent, qui m’aident.
Ceux qui surveillent du coin de l’œil que je mange correctement, que je prenne soin de moi, que je porte des couleurs.
Ceux qui m’arrachent à la monotonie, à la routine dans laquelle je pourrais tomber,
me poussent à sortir, à changer d’air, à exploiter autre chose que les tracas.
Ceux qui me rappellent, avec bienveillance (et parfois un brin d’insistance 😆), que :
- C’est la dernière case à cocher avant le meilleur, et qui me rappellent que :
“L’entrepreneur épuisé n’a rien d’un entrepreneur performant.”
Savoir lever le pied (et pas juste pour éviter une peau de banane)
Malgré tout, j’ai encore conscience, je sais lever le pied.
Alors à ma façon, mais tout de même !
Parfois, je me mets en mode mijotage :
je prends du temps pour moi, je végète comme une pâte qui lève doucement,
je scrolle sans but sur mon téléphone, je me plonge dans un livre, je regarde un vieux film pourri, je cesse tout pour regarder Koh Lanta en me demandant si je tiendrais trois jours en mode survie, ou je laisse simplement le temps passer, sans minuterie et sans pression.
Parfois, je n’ai pas envie de cuisiner.
Alors je simplifie, je coupe court, je fais dans l’essentiel.
D’autres fois, j’ai juste besoin de m’isoler, de me mettre en “marinade” dans mon coin,
de fermer la porte au bruit du monde et de savourer un bon silence.
Parce qu’après tout, un bon chef sait aussi quand il faut baisser le feu.
Et puis…
Parce que chez moi, quand le cœur parle, il donne vie.
Pas seulement aux émotions, mais aussi aux saveurs.
Et la saveur qui me vient à l’esprit en cet instant, c’est le cornbread.
Alors, je mélange, j’agrémente, je sublime… et je partage.
🔥 Cornbread maison : une saveur qui raconte une histoire 🔥
Il y a des personnes qui, selon leurs humeurs, ont besoin d’une balade, d’un bon film, de se faire un ciné, un resto, ou juste d’un moment seul.
Moi, c’est une saveur qui naît dans mon esprit.
Quand une émotion me traverse, ce n’est pas une simple idée qui surgit, mais un goût.
Une texture.
Un mélange qui prend vie dans ma tête avant même d’exister dans ma cuisine.
Et cette fois, c’est le cornbread qui s’est imposé.
Mais pas un cornbread classique… un cornbread 100 % VEGAN avec du piment végétarien. 🌶️
Parce que dans ma cuisine, chaque plat raconte une émotion.
Et aujourd’hui, c’est ce cornbread qui traduit mon état d’esprit.


Comme souvent quand je teste une recette, l’idée n’est pas tant de me régaler que de partager. Alors au lieu de faire un grand CORNBREAD à découper, j’ai choisi des petits moules en cœur et en format individuel taille cake, de trois parts, histoire d’en faire profiter plusieurs de mes proches et de leur laisser savourer une bouchée de mon inspiration du jour.
Alors, si vous voulez le tester, voici la recette exacte que j’ai revisitée :
