Dans la résidence, entre les cris des enfants, les slaloms de trottinettes et les mamans qui crient “Remonte tout de suite !”, un petit garçon a eu une grande idée.
Il s’appelle MarKus, avec un K s’il vous plaît. C’est mon petit-fils, le frère de Lola, le fils de la dame de la KB. Il vient tout juste de fêter ses 8 ans, mais déjà dans sa tête, ça tourne comme dans un business plan de start-up.
MarKus, c’est un petit geek dans l’âme. Il comprend les ordinateurs mieux que certains adultes, il te décrypte et apprivoise un jeu en deux clics et te recadre avec une politesse déconcertante quand tu veux jouer à l’adulte qui sait mais qui ne sait rien. Mais attention : ses parents veillent au grain. Pas d’écrans à gogo, pas de tablette à tire-larigot, et surtout : « Tu vas dehors te défouler, jouer au ballon, faire du vélo, prendre l’air ! Tu vas au sport, piscine et karaté… »
C’est juste Mamie qui sabote un peu le travail, en n’étant pas trop regardante sur le temps, mais qui veille surtout à ce que les contenus consommés soient adaptés. Tout en restant trèèèèès souple.
L’idée rafraîchissante de l’été

Une semaine avant le début de l’été, MarKus est descendu dans l’aire de jeu de la résidence.
Il fait chaud. Très chaud. Et lui, il descend avec sa fidèle bouteille d’eau. Il boit beaucoup d’eau. Toujours. C’est son carburant. Sauf que ce jour-là, tous les enfants de la résidence commencent à lui tourner autour :
— Marcus, j’ai soif.
— Tu peux me passer ta bouteille ?
— Vas-y, steuplé, juste une gorgée…
Et là, dans la tête de MarKus, ça fait clic.
Il observe. Il analyse. Il calcule. Et il annonce :
« Je crois que je vais vendre l’eau. »
Projet validé par lui-même.
MarKus décide de vendre de l’eau, d’en faire un business !
Il voit la demande grandir et s’imagine en faire son argent de poche.
Il décide même de proposer du thé à la menthe, parce qu’il a repéré un talus de menthe quelque part dans la résidence (personne ne sait où, mais lui, il sait).
Il imagine déjà un comptoir, une petite table en bas de l’immeuble.
Son premier prix ? 5 euros le verre. Bon, on lui a gentiment fait remarquer que ce n’était pas… tout à fait raisonnable. Il a donc baissé à 2 euros, puis 20 centimes, en constatant que « les enfants n’ont jamais d’argent de poche » :
Pas grave, dit-il.
« Je vais viser les adultes. Eux au moins, ils ont de l’argent. »
Mais son idée de thé chaud a vite été abandonnée : trop de risques, trop d’eau chaude, trop de manipulations. Maman a dit non, et là, même MarKus sait qu’il ne gagne pas à ce jeu-là.
Au final, il n’a pas eu le temps d’installer son comptoir. Le projet est resté en haut, bien rangé dans sa tête, comme un petit rêve d’été. Mais ce qu’on retiendra, c’est l’élan, l’instinct, et la fibre de commerce qui pousse déjà.
Une graine d’entrepreneur

Et ce n’est pas un hasard. Parce que chez nous, l’entrepreneuriat, c’est une affaire de famille.
MarKus grandit aux côtés de sa sœur Lola, la créatrice des fameux Cookies de Lola, et entouré de deux générations de femmes entrepreneures : sa mère et sa grand-mère.
Chez nous, même si on court partout entre les stands, les cuisines, les projets et les idées qui débordent, on prend toujours le temps d’associer les enfants à nos aventures.
On leur explique ce qu’on fait, on leur montre les coulisses, on les implique dès que possible.
Pas juste pour les occuper, mais parce qu’on croit fort à cette phrase :
« Une famille, c’est une équipe. »
Alors MarKus, tout comme Lola, a grandi entre les odeurs de plats qui mijotent et les boîtes de livraison à plier.
Au restaurant, il adorait mélanger farine, chocolat et lait dans des petits gobelets pour “inventer” des recettes (à ses risques et périls vestimentaires). À une époque, il rêvait même de faire des donuts maison pour les vendre. Pourquoi les donuts ? Lui seul le sait. Encore un truc pour “s’occuper utile”, comme lui dit souvent sa mère, et une idée de plus pour gagner son argent de poche.
Aujourd’hui, même si on l’imagine plus tard dans un métier où il exploitera son talent pour la technologie, on en est déjà certain d’une chose : MarKus saura créer, entreprendre et s’adapter.
Parce qu’il l’a vu. Parce qu’il l’a vécu. Et parce qu’on l’a inclus dans l’aventure.
Mais pour l’instant, entre deux gorgées d’eau fraîche et trois projets par minute, MarKus continue d’écrire sa petite aventure.